Le Médecin des Pauvres

Économie domestique · ECO027

Objets servant aux pansements

Source : Beauvillard, Le Médecin des Pauvres (1912), p. 293.

Informations

Catégorie
Divers

Description

Une plaie était considérée comme une porte toujours ouverte aux complications. L'infection des plaies était, à une époque récente encore, si fréquente et si redoutable que l'illustre Nélaton répétait souvent qu'il faudrait élever une statue d'or à l'homme qui supprimerait ce fléau. Grâce à l'impulsion et aux découvertes de Lister, en Écosse, et de Pasteur, en France, on perfectionna rapidement les procédés et les matières de pansement. La première de toutes les précautions, et la plus indispensable, était une minutieuse propreté, tant des personnes que des objets venant au voisinage et au contact d'une plaie.

Méthode / Détail

On considérait qu'une plaie était une porte toujours ouverte aux complications. L'infection des plaies était, à une époque récente encore, si fréquente et si redoutable que l'illustre Nélaton répétait souvent qu'il faudrait élever une statue d'or à l'homme qui supprimerait ce fléau. Grâce aux découvertes de Lister, en Écosse, et de Pasteur, en France, on perfectionna rapidement les procédés et les matières de pansement. La précaution la plus indispensable était une minutieuse propreté des personnes et des objets venant au contact d'une plaie. Ainsi, la main qui entreprenait un pansement devait être brossée au préalable, lavée à plusieurs eaux, puis passée dans une solution désinfectante (phéniquée, thymolée, etc.). Les linges, ouate, charpie et bandes devaient également avoir été passés dans une série de lavages, dont le dernier dans une solution antiseptique. Jamais le même objet ne servait deux fois à un pansement sans avoir été désinfecté au préalable. Linges. — Les linges servant aux pansements devaient être demi-usés et blancs de lessive. Charpie. — La charpie se préparait avec du linge de chanvre ou du linge demi-usé et très propre. Le plus souvent, on la faisait au moyen de bandes mesurant trois travers de doigt. Elle était couramment remplacée par de la ouate ayant subi des préparations spéciales lui permettant d'absorber les liquides avec lesquels elle était mise en contact. La ouate ainsi préparée était dite ouate ou coton hydrophile (perméable). Gaze. — Sous ce nom, on employait beaucoup, en bandes et en compresses, de la tarlatane ayant subi plusieurs lessivages. Bandes. — Les bandes devaient être faites avec du linge usé. Celles qui ne seraient pas en contact avec la plaie pouvaient être en coton. Elles devaient être coupées en droit fil. S'il était nécessaire d'en ajouter plusieurs pour obtenir une longueur suffisante, on les réunissait par un surjet. On devait toujours les conserver roulées. Éponges. — Elles servaient à nettoyer les plaies ; on les choisissait fines et bien désinfectées. Leur emploi devenait de plus en plus rare : on les remplaçait par des boulettes de coton hydrophile, qui ne servaient qu'une fois et qu'on brûlait aussitôt. Taffetas gommé. — On le mettait par-dessus le pansement pour éviter qu'il ne se refroidisse, ne se dessèche ou ne se souille. On tendait de plus en plus à n'employer que le taffetas chiffon, plus coûteux, il est vrai, mais aussi plus souple et plus durable. Quelques définitions des mots techniques employés : Absorbants. — Les absorbants étaient utilisés à l'intérieur comme à l'extérieur ; dans le premier cas, ils se combinaient aux liquides de l'estomac ; dans le second, ils absorbaient l'humidité des plaies. Ceux utilisés à l'intérieur étaient : la craie en poudre très fine, la magnésie calcinée, le charbon de bois en poudre (surtout celui de peuplier), etc. À l'extérieur : la poudre de lycoperdon, le lycopode, l'amidon, la fécule de pomme de terre, la sciure de bois, etc. Contre les hémorragies, on employait l'amidon, l'éponge, la toile d'araignée, la charpie, la cendre de linge brûlé. Amers. — Végétaux toniques, apéritifs et dépuratifs.

Texte du livre

Texte transcrit depuis l’OCR d’origine (4 corrections appliquées sur les coquilles systématiques).

Une plaie était considérée comme une porte toujours ouverte aux complications. L'infection des plaies était, à une époque récente encore, si fréquente et si redoutable que l'illustre Nélaton répétait souvent qu'il faudrait élever une statue d'or à l'homme qui supprimerait ce fléau. Grâce à l'impulsion et aux découvertes de Lister, en Écosse, et de Pasteur, en France, on perfectionna rapidement les procédés et les matières de pansement. La première de toutes les précautions, et la plus indispensable, était une minutieuse propreté, tant des personnes que des objets venant au voisinage et au contact d'une plaie. Ainsi, la main qui entreprenait un pansement devait être brossée au préalable, lavée à plusieurs eaux, puis passée dans une solution désinfectante (phéniquée, thymolée, etc.). Les linges, la ouate, la charpie et les bandes devaient également avoir été passés dans une série de lavages, dont le dernier dans une solution antiseptique. Jamais le même objet ne servait deux fois à un pansement sans avoir été désinfecté au préalable. Linges. — Les linges servant aux pansements devaient être demi-usés et blancs de lessive. Charpie. — La charpie se préparait avec du linge de chanvre ou du linge demi-usé et très propre. Le plus souvent, on la faisait au moyen de bandes mesurant trois travers de doigt. Elle était couramment remplacée par de la ouate ayant subi des préparations spéciales lui permettant d'absorber les liquides avec lesquels elle était mise en contact. La ouate ainsi préparée était dite ouate ou coton hydrophile (perméable). Gaze. — Sous ce nom, on employait beaucoup, en bandes et en compresses, de la tarlatane ayant subi plusieurs lessivages. Bandes. — Les bandes devaient être faites avec du linge usé. Celles qui ne seraient pas en contact avec la plaie pouvaient être en coton. Elles devaient être coupées en droit fil. S'il était nécessaire d'en ajouter plusieurs pour obtenir une longueur suffisante, on les réunissait par un surjet. On devait toujours les conserver roulées. Éponges. — Elles servaient à nettoyer les plaies ; on les choisissait fines et bien désinfectées. Leur emploi devenait de plus en plus rare : on les remplaçait par des boulettes de coton hydrophile, qui ne servaient qu'une fois et qu'on brûlait aussitôt. Taffetas gommé. — On le mettait par-dessus le pansement pour éviter qu'il ne se refroidisse, ne se dessèche ou ne se souille. On tendait de plus en plus à n'employer que le taffetas chiffon, plus coûteux, il est vrai, mais aussi plus souple et plus durable. Absorbants. — Les absorbants étaient utilisés à l'intérieur comme à l'extérieur ; dans le premier cas, ils se combinaient aux liquides de l'estomac ; dans le second, ils absorbaient l'humidité des plaies. Ceux utilisés à l'intérieur étaient : la craie en poudre très fine, la magnésie calcinée, le charbon de bois en poudre (surtout celui de peuplier), etc. À l'extérieur : la poudre de lycoperdon, le lycopode, l'amidon, la fécule de pomme de terre, la sciure de bois, etc. Contre les hémorragies, on employait l'amidon, l'éponge, la toile d'araignée, la charpie, la cendre de linge brûlé. Amers. — Végétaux toniques, apéritifs et dépuratifs.
Voir le verbatim OCR original (non corrigé)
Objets qui.servent aux Pansements tlno plaie est une porte toujours ouverte à outeg portes de complications. L'infection des claies était lune chose récemment encore si fréquente et si redoutable que J'illustre Nélaton répétait souvent qu'il lau&rait élever une statue d'or à l'homme qui supprimerait ce fléau. Grâce à l'impulsion et aux découvertes de Lister, en Ecosse, et de Pasteur, eu France, on i& rapidement perfectionné les procédés gt les matières de pansements. La première de toutes les précautions, la plus indispensable est une minutieuse propreté et des personnes et des objets qui viennent au voisinage et an contact d'une plaie. Donc, une main qui entreprendra un pansement aura fefcé au préalable, lavée a plusieurs eaux et enfin passée dans une solution désinfectants (phéniquée, îhymolée, etc.). Les linges, ouate, charpie, bandes, etc., auront également été passés clans une série de lavages, dont le ulernier dons une solution antiseptique. Jamais le même objet ne servira deux fois à un raisément sans avoir été, au préalable, désinfecté ; fond.. Linges, r- Les linges qui servent aux pansements 'doivent être demi-usés et blancs de lessive. Charpie. - La charpie $st préparée avec du linge iîo chanvre ou du linge demi-usé et trèt propre, L frittfi souvent, la charpie m fait au moyen de bande mesorant trois travers de doigt. La charpie est aujourd'hui couramment remplacé© 4>ar de la ouate ayant subi des préparations spêcteàm qui lui permettent de boire les liquides avee lesqu$le eîle est mise en contact. La ouate ainsi préparée ©si dite o, uah ou coton hi/drophik (perméable ;. 0aze. '- Sous ce nom, on emploie beaucoup © bandes, en compresses, etc., de la tarlatane ayant nubi plusieurs lessivages. Bandes. - Les bandes doivent être faites avec dit linge usé. Celles qui ne seront pas en contact aveo la plaie pourront être en coton. Elles doivent être coupées en droit fil. S'il est nécessaire d'en ajouter plusieurs pour arriver à une longueur suffisante, ©a fes réunira par un surget. On doit toujours les eon~ server roulées. Eponges, - Elles servent à nettover les plaies. Il les faut choisir fines et bien désinfectées. Leur, em ; ©loi devient de plus en plus rare ; on les remphicç par des boulettes de coton hydrophile qui ne servent' qu'une fois et qu'on brûle aussitôt. Taffetas gommé. <- Se met par-dessus le pâme ment pour éviter qu'il ae refroidisse, qu'il se dessèche ou qu'il se soinle. Maintenant on tend de piar -en plus à n'employer que le taffetas chiffon, pus coûteux, il est vrai, mais aussi plus souple et plus du-? rable. i m Pour éviter des répétitions inutiles et être bien compris MOUS Sonnons ci-après l'explication des divers mots ao miiftques employés dans mt ouvrage. Nous prions nos lecteurs ftti n'auraient pas fait d'études spéciales dM les lire atteif Uvement. Absorbants. - Les absorbants sont utilisés à Vin lérieui comme à l'extérieur ; dans le premier cas, ils 6 combinent aux liquides de l'estomac ; dans le peeond, ils absorbent l'humidité des plaies. Ceux utilisés h.'intérieur sont : la craie en poudre très fine, la magnésie calcinée, le charbon de bois en poudre (surtout celui du peuplier), etc. A l'extérieur : la poudre de lycoperdon, le lycopode,-. l'amidon, la fécule de pomme de terre, la sciure de bois, etc. ; Contre le hémorragies, on emploie : l'amidon, l'é- ponge, la toile d'araignée, la charpie, la cendre du linge de voito brûlé. Âmers,7- Végétaux toniques, apéritifs, dédédépuratifs to.,
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⚠ Avertissement. Site purement documentaire et historique qui ne donne aucun conseil médical. Plusieurs plantes mentionnées (aconit, belladone, digitale, pavot, jusquiame, bryone…) sont des poisons violents. Toujours faire ses propres recherches et ne jamais s’auto-médiquer : consultez un médecin ou un pharmacien.