Hygiène · HYG014
Le lait pour enfants
Source : Beauvillard, Le Médecin des Pauvres (1912), p. 62.
Informations
- Catégorie
- Enfance
Conseil résumé
Un bon quart des enfants nés à Paris ne pouvaient, pour des raisons diverses, être mis en nourrice ou être allaités par leur mère. Il en était de même en province, dans une proportion beaucoup moins considérable. C'était le biberon, chargé d'un lait plus ou moins parfait, qui servait à l'alimentation de ces petits êtres.
Texte du livre
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Un bon quart des enfants nés à Paris ne pouvaient, pour des raisons diverses, être mis en nourrice ou être allaités par leur mère. Il en était de même en province, dans une proportion beaucoup moins considérable. C'était le biberon, chargé d'un lait plus ou moins parfait, qui servait à l'alimentation de ces petits êtres. Pour parer à la fermentation du lait et aux dangers qui pouvaient en résulter, on s'était ingénié à imaginer des procédés de stérilisation qui commençaient à se répandre. Mais il ne suffisait pas d'avoir un lait de bonne qualité et de l'avoir stérilisé : il fallait encore le rendre assimilable en le rapprochant, autant que possible, de la composition du lait maternel. Le lait de vache, le plus usuellement employé, différait du lait de la femme par une moindre quantité de sucre et une quantité plus considérable de matières protéiques. Dans le but de le rendre aussi peu différent que possible, le docteur Halipré, de Rouen, conseillait le moyen suivant : on coupait le lait de vache fraîchement trait d'un tiers d'eau, puis on ajoutait, par litre, 15 à 20 grammes de crème fraîche, 35 grammes de lactose (ou suc de lait) et 1 gramme de sel. Le lait ainsi préparé se rapprochait beaucoup du lait de la femme. Il ne restait plus qu'à le stériliser par les moyens ordinaires, en le répartissant dans des flacons de moyenne grandeur. Ce lait était très bien toléré par les enfants, parfaitement digéré, et avait donné, disait-on, les meilleurs résultats. Néanmoins, en principe, le lait de la femme pris au sein constituait la seule nourriture normale du nouveau-né, la seule qui, par sa composition, fût suffisante et sans danger. On estimait que toute mère devait, si possible, allaiter son enfant.
Voir le verbatim OCR original (non corrigé)
Un bon quart des enfants nés à Paris ne peuvent, pour des raisons diverses que je n'ai pas à étudier ici, être mis en nourrice ou être allaités par leurs mères. Il en est de même en province, dans une proportion beaucoup moins considérable. C'est le biberon, chargé d'un lait plus ou moins parfait, qui servira à l'alimentation de ces petits êtres. On s'est ingénié, pour parer à la fermentation du lait et aux dangers qui peuvent en résulter, à imaginer des procédés de stérilisation qui commencent à être répandus. Mais ce n'est pas tout que d'avoir du lait de bonne qualité? de l'avoir stérilisé ; il faut encore le rendre assimilable en le rapprochant, autant que faire se peut, de la composition du lait maternel. Le lait de vache, le plus usuellement employé, diffère du lail de la femme par une moindre quantité de sucre et une quantité plus considérable de matières protéiques. Dans le but de le rendre aussi peu différent que possible, le docteur Halipré, de Rouen, conseille d'employer le moyen suivant : on coupe le lait de la vache fraîchement trait d'un tiers d'eau, puis on ajoute, par litre, 15 à 20 grammes de crème fraîche, 35 grammes de lactose ou suc de lait et 1 gramme de sel. Le lait ainsi préparé se rap proche beaucoup du lait de la femme. Il ne reste plus qu'à le stériliser par les moyens ordinaires, en le divisant dans des flacons de moyenne grandeur. Ce lait est très bien toléré par les en- unts, parfaitement digéré et a donné tes roeîl leurs résultats. Néanmoins, en principe, le lait de la femme pris au sein constitue la seule nourriture normale du nouveau-né, la seule qui, par sa composition, soit suf~ flsante et sans danger. Toute mère doit, si possible, allaiter son enfant.
