Boisson · BOI002
Eau
Source : Beauvillard, Le Médecin des Pauvres (1912), p. 47.
Informations
- Type
- Neutre
Propriétés / Conseils
L'eau était tenue pour la meilleure des boissons lorsqu'elle était légère. On préférait celle des rivières ou des fontaines courantes à celle des puits, jugée plus chargée de matières. Bien que l'eau ne soit pas un aliment, on recommandait aux personnes de vie sédentaire d'en user de préférence, parce qu'elle rendait la digestion plus facile et entretenait la santé. Cela n'excluait pas l'usage du vin, mais on estimait que l'homme de cabinet ne devait pas en boire autant que l'homme des champs, dépensant moins de forces à réparer. On conseillait de s'abstenir autant que possible d'eau-de-vie, en rappelant qu'un petit verre de cette boisson représentait au moins huit verres de vin. Si l'eau favorisait la digestion, on jugeait nuisible d'en boire en trop grande quantité aux repas, ce qui troublait au contraire la digestion. On disait : « Buvez lorsque vous avez soif », mais sans le faire trop souvent, surtout en été, pour ne pas fatiguer l'estomac. Une eau bien fraîche était réputée désaltérer le mieux ; on se gardait toutefois d'en boire lorsque le corps était en sueur ou en grande fatigue, ce qui pouvait occasionner de graves maladies (pleurésie, dysenterie, parfois la mort). Après une longue marche, exténué et la bouche sèche, on conseillait plutôt un verre d'eau fraîche acidulée avec du citron, de l'orange, des cerises ou de la groseille.
⚠ Précautions
On ne buvait que de l'eau limpide, inodore et de bonne source ; l'eau stagnante, trouble ou suspecte transmet de graves maladies (fièvre typhoïde, dysenterie). En cas de doute, on la faisait bouillir ou on la filtrait avant de la boire.
Texte du livre
Texte transcrit depuis l’OCR d’origine (9 corrections appliquées sur les coquilles systématiques).
L'eau était tenue pour la meilleure des boissons lorsqu'elle était légère. On préférait celle des rivières ou des fontaines courantes à celle des puits, jugée plus chargée de matières. Bien que l'eau ne soit pas un aliment, on recommandait aux personnes de vie sédentaire d'en user de préférence, parce qu'elle rendait la digestion plus facile et entretenait une santé excellente. Cela ne bannissait pas l'usage du vin, mais on estimait que l'homme de cabinet ne devait pas en boire autant que l'homme des champs, dépensant moins de forces et ayant moins besoin d'aliments nutritifs pour les réparer. On conseillait de s'abstenir autant que possible d'eau-de-vie, en rappelant qu'un petit verre de cette boisson représentait au moins huit verres de vin, au bénéfice de la santé comme de la bourse. Si l'eau favorisait la digestion, on jugeait nuisible d'en boire en trop grande quantité aux repas, ce qui la troublait. On disait bien « Buvez lorsque vous avez soif », mais sans le répéter trop souvent, surtout en été, pour ne pas fatiguer l'estomac. Une eau bien fraîche passait pour désaltérer le mieux ; on se gardait cependant d'en boire lorsque le corps était en sueur ou en grande fatigue, ce qui pouvait occasionner de graves maladies, comme la pleurésie, la dysenterie, et parfois même la mort. Après une longue marche, exténué de fatigue et la bouche sèche, on prenait plutôt un verre d'eau fraîche acidulée, avec du citron, de l'orange, des cerises ou de la groseille. Pour reconnaître une eau potable, on rapportait une méthode d'analyse sommaire jugée simple et sûre : on prenait une bouteille propre et un verre blanc, on remplissait la bouteille aux trois quarts de l'eau à examiner, puis on y dissolvait une cuillerée de sucre candi blanc et bien propre. La bouteille, bouchée hermétiquement, était tenue quarante-huit heures dans un lieu chaud. Si, après ce temps, l'eau était devenue floconneuse ou laiteuse, elle était jugée impropre à la boisson ; si elle restait pure, c'était l'indice qu'elle ne contenait pas de substance polluante nuisible.
Voir le verbatim OCR original (non corrigé)
L'eau est la meilleure des boissons lorsqu'elle est légère. Préférez celle des rivières ou des fontaines qui peuvent la laisser couler, à celle ûm puits, parce qu'elle est mélangée d'une plu QMsie quantité date, #. Bien que l'eau ne soit pas un aliment les personnes qui ont une vie sédentaire doivent en user de préférence, parce qu'elle rend la digestion plus facile et donne une santé excellente. 11 ne résulte pas de cela que nous devions bannir l'usage du vin, mais nous voulons faire entendre que l'homme de cabinet ne doit point en boire comme l'homme des champs, parce qu'il ne dépense pas autant de forces et qu'il n'a pas besoin d'aliments aussi nutritifs pour les réparer. Abstenez-vous, autant que faire se pourra, de boire de l'eau-de-vie, et rappelez-vous qu'un petit verre de cette boisson représente au moins nuit verres de vin ; la santé et la bourse s'en trouvent mieux. Si l'eau favorise la digestion, il ne faut pas cependant en boire en trop grande quantité à ses repas, car l'inverse se produirait, la digestion serait alors troublée On dit bien : Buvez lorsque vous avez soif, mais il ne faut pas le répéter trop souvent, surtout en été, on fatiguerait l'estomac. Une eau bien fraîche est celle 3ui désaltère le mieux ; on doit bien se garder 'en boire lorsque le corps est dans un état de sueur ou de grande fatigueî ce qui pourrait occasionner de graves maladies : pleurésie, dysenterie, et souvent même la mort. Si, par suite d'une longue marche, étant exténué de fatigue, vous avez la bouche sèche, et que vous disiez, suivant le dit-on de tous les jours : Je meurs de soif, prenez alors un verre d'eau'fraîche acidulée, soit avec du citron, de l'orange, des cerises ou de la groseille. > POUR RECONNAÎTRE L'iAtC POTABLB Une recette pour l'analyse sommaire des eaux potables est toujours bonnfe à noter. D'après ce que rapporte la Technologie sanb <atr de Bruxelles, nour 'assuroc il une eittf aestinéeatixtisages domestiques ne contient pas de matières organiques, on peut employer ïa méthode suivante, à la fois très simple et trèle sûre : On prend une bouteille propre et un verre blanc ; on l'emplit aux trois quarts de l'eau à analyser, puis on y dissout une cuillerée de sucre candi blanc et très propre. La bouteille est alors bouchée hermétiquement et tenue quarante-huit heures dans un lieu chaud. Si, après ce temps, l'eau traitée est devenue floconneuse ou laiteuse, elle est impropre â servir de boisson. Par contre, si elle reste pure, ceci peut être une preuve qu'elle ne contient aucune substance polluante qui pourrait éventuellement avoir une influence nuisible.
