Le Médecin des Pauvres
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Bardane pour la peau : acné et eczéma, le remède d’autrefois

Par · · 6 min de lecture

Notre méthode éditoriale

La bardane était, pour la peau, ce que le tilleul était pour le sommeil : le premier remède auquel on pensait. Sa racine, prise en décoction pendant plusieurs semaines, passait pour « purifier le sang » et faire disparaître les boutons, l’acné, l’eczéma et les furoncles. Le Médecin des Pauvres (1912) la cite dans les maladies de peau et les éruptions. Voici comment on l’employait, et ce qu’on en sait aujourd’hui.

Contenu historique et documentaire. Les usages décrits ici sont ceux de la médecine populaire du début du XXᵉ siècle. Une affection de peau persistante, étendue ou infectée doit être examinée par un médecin ou un dermatologue.

La bardane, « l’herbe aux teigneux »

Impossible de manquer la grande bardane au bord des chemins : des feuilles immenses, parfois plus larges qu’une main ouverte, et des capitules hérissés de crochets qui s’accrochent aux vêtements et au pelage des animaux. C’est d’ailleurs en observant ces crochets qu’un ingénieur suisse aurait imaginé le velcro au milieu du XXᵉ siècle.

Ses noms populaires disent son usage : herbe aux teigneux, parce qu’on l’appliquait sur la teigne du cuir chevelu, ou encore glouteron et oreille de géant. Dans la fiche que lui consacre le livre (page 73), la bardane est décrite sous son nom latin Arctium lappa, dans la famille des Composées.

Pourquoi la bardane était-elle le remède de la peau ?

La médecine du début du XXᵉ siècle raisonnait en termes de « dépuration ». Une peau qui se couvrait de boutons était le signe d’un sang chargé d’impuretés, qu’il fallait évacuer par les reins, la sueur ou l’intestin. Les plantes dépuratives étaient donc au cœur du traitement des maladies de peau.

La racine de bardane cumulait, selon les auteurs de l’époque, trois propriétés recherchées :

  • dépurative : elle « nettoyait » l’organisme ;
  • sudorifique : elle faisait transpirer ;
  • diurétique : elle augmentait le volume des urines.

C’est cette combinaison qui en faisait, pour les médecins de campagne, le dépuratif cutané de référence. Le livre la conseille dans :

  • l’eczéma et les dartres (plaques sèches qui pèlent) ;
  • l’acné et les boutons ;
  • les furoncles et les clous ;
  • la teigne ;
  • les éruptions des maladies infantiles, comme la rougeole ;
  • la goutte et la gravelle, plus accessoirement.

Racine ou feuille : deux usages différents

Les ouvrages anciens distinguaient soigneusement les parties de la plante.

La racine se prenait par voie interne. On l’arrachait à l’automne de la première année ou au printemps de la deuxième, quand elle est charnue, puis on la coupait en rondelles pour la faire sécher.

La feuille s’employait en externe. Fraîche, légèrement écrasée, elle servait de cataplasme sur les abcès, les clous et les plaies qui tardaient à se refermer. Ses propriétés étaient dites vulnéraires et résolutives : elle devait aider l’abcès à mûrir puis à se résorber.

Comment préparait-on la décoction de bardane ?

Le livre donne la préparation suivante :

  1. 25 à 60 g de racine séchée par litre d’eau ;
  2. porter à ébullition et laisser bouillir 5 à 10 minutes ;
  3. laisser infuser hors du feu, puis filtrer ;
  4. boire 2 à 3 verres par jour, en cure de plusieurs semaines.

La même décoction, refroidie, servait en lavage sur les zones atteintes. On la combinait volontiers avec d’autres dépuratifs : la pensée sauvage, réservée aux peaux d’enfants, ou le pissenlit, qui agissait sur le foie.

La cure de printemps

La bardane était aussi une plante de saison. Au sortir de l’hiver, période de nourriture lourde et de peu de légumes frais, beaucoup de familles faisaient une « cure de printemps » destinée à « nettoyer le sang ». La décoction de racine de bardane, seule ou associée à la salsepareille et à la pensée sauvage, en était un ingrédient classique.

Ce rituel n’a plus de fondement médical tel quel, mais il rappelle que la bardane était consommée comme un légume dans plusieurs régions du monde. Au Japon, sa racine, appelée gobo, se cuisine encore aujourd’hui.

Ce qu’en disent les références actuelles

La racine de bardane fait l’objet d’une monographie européenne du Comité des médicaments à base de plantes de l’EMA, fondée sur l’usage traditionnel. Les domaines retenus sont la perte d’appétit, certaines affections de la peau et les troubles urinaires mineurs (pour augmenter le volume des urines).

Il s’agit d’une reconnaissance de l’ancienneté de l’usage, et non d’une preuve d’efficacité issue d’essais cliniques. Pour l’acné ou l’eczéma, les traitements recommandés aujourd’hui relèvent du médecin ou du dermatologue, en particulier quand les lésions sont nombreuses, douloureuses ou laissent des cicatrices.

C’est pourquoi la fiche de la plante porte la mention « usage établi » pour la tradition, sans promettre de résultat sur une maladie de peau précise.

Précautions

  • Allergie : la bardane appartient à la famille des Astéracées. Les personnes allergiques à l’arnica, à la camomille ou à l’armoise peuvent réagir à son contact.
  • Diabète : la racine est réputée légèrement hypoglycémiante. Prudence chez les personnes qui prennent un traitement contre le diabète.
  • Grossesse et allaitement : faute de données, à éviter.
  • Qualité de la plante : des intoxications ont été décrites avec des racines de bardane vendues en vrac et mélangées par erreur à de la belladone. Mieux vaut une plante de pharmacie ou d’herboristerie à l’origine contrôlée.

Quelles autres plantes pour la peau en 1912 ?

Le dossier peau et affections cutanées rassemble toutes les plantes et recettes du livre consacrées à la peau. On y retrouve la pensée sauvage, la mauve pour adoucir les irritations, et la fiche maladies de peau qui détaille les remèdes proposés à l’époque. La page plantes médicinales donne la liste complète.

Questions fréquentes

La bardane est-elle efficace contre l’acné ?

C’était son usage traditionnel principal. L’EMA reconnaît l’ancienneté de son emploi dans certaines affections de la peau, mais il n’existe pas de preuve solide d’efficacité sur l’acné. En cas d’acné marquée, mieux vaut consulter.

Combien de temps durait une cure de bardane ?

Les ouvrages anciens parlaient de plusieurs semaines, souvent trois à quatre, au printemps ou à l’automne.

Peut-on utiliser la bardane sur la peau ?

Oui, c’était l’usage externe de la décoction (en lavage) et de la feuille fraîche (en cataplasme). Faire un essai sur une petite zone en cas de peau sensible.

Ce qu’il faut retenir

La bardane était le grand dépuratif de la peau d’autrefois, fondée sur une conception de la maladie (« purifier le sang ») qui n’est plus la nôtre. Son usage traditionnel est aujourd’hui documenté au niveau européen, mais une affection de peau qui dure mérite un diagnostic plutôt qu’une cure prolongée.

Sources

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⚠ Contenu documentaire et historique. Les pratiques d’autrefois n’ont pas de valeur médicale moderne. Ne jamais s’auto-médiquer ; consultez un médecin ou un pharmacien.

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⚠ Avertissement. Site purement documentaire et historique qui ne donne aucun conseil médical. Plusieurs plantes mentionnées (aconit, belladone, digitale, pavot, jusquiame, bryone…) sont des poisons violents. Toujours faire ses propres recherches et ne jamais s’auto-médiquer : consultez un médecin ou un pharmacien.