Le Médecin des Pauvres
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Houblon et sommeil : l’oreiller de houblon d’autrefois

Par · · 5 min de lecture

Notre méthode éditoriale

Le houblon ne sert pas qu’à faire de la bière : ses cônes étaient, en 1912, l’un des remèdes populaires du sommeil. On les buvait en tisane le soir, et l’on glissait même un oreiller de houblon sous la tête des insomniaques. Le Médecin des Pauvres le décrit comme sédatif, somnifère léger et antispasmodique. Voici d’où vient cette réputation, comment on l’employait, et ce que l’Europe en retient aujourd’hui.

Contenu historique et documentaire. Les usages décrits ici sont ceux de la médecine populaire du début du XXᵉ siècle. Une insomnie qui dure plus de quelques semaines, ou accompagnée d’anxiété ou de tristesse, mérite d’en parler à un médecin.

Des houblonnières aux tables de nuit

Le houblon (Humulus lupulus) est une plante grimpante vivace qui peut s’élever à plus de six mètres. Les plants femelles portent des cônes verts et légers, faits d’écailles superposées. À la base de ces écailles se trouve une poudre jaune et collante, le lupulin, qui contient les substances amères et aromatiques de la plante.

C’est ce lupulin qui donne son amertume à la bière, et c’est lui aussi qui intéressait la médecine. Le livre (page 93) range le houblon dans la famille des Cannabinacées, la même que le chanvre.

L’observation des cueilleurs

La réputation sédative du houblon serait née d’une observation simple. Dans les régions de culture, en Alsace, dans le Nord ou en Bavière, on remarquait que les cueilleurs de houblon se fatiguaient vite et somnolaient pendant la récolte. On attribua cette torpeur aux effluves des cônes, manipulés par milliers pendant des journées entières.

De là vient l’idée de l’oreiller de houblon : un petit coussin de tissu rempli de cônes séchés, posé près de la tête. L’usage a été popularisé en Angleterre, où l’on raconte que le roi George III en utilisait un. En France, il a longtemps fait partie des petits remèdes de grand-mère contre les nuits agitées.

Les usages du houblon en 1912

Le livre prête aux cônes de houblon plusieurs propriétés :

  • sédative et somnifère légère ;
  • antispasmodique ;
  • tonique amère et apéritive : elle ouvrait l’appétit ;
  • digestive.

Il les conseille contre :

  • l’insomnie et la nervosité ;
  • l’anxiété et les palpitations nerveuses ;
  • le manque d’appétit et les digestions difficiles, grâce à son amertume.

Les auteurs de phytothérapie notaient aussi une légère action estrogénique, qui expliquait son emploi traditionnel contre certaines bouffées de chaleur.

Comment préparait-on la tisane de houblon ?

Les proportions indiquées par Le Médecin des Pauvres sont les suivantes :

  1. 10 à 15 g de cônes séchés par litre d’eau ;
  2. verser l’eau frémissante, couvrir, infuser dix minutes ;
  3. boire une tasse le soir, une demi-heure avant le coucher.

La tisane est très amère. On l’adoucissait volontiers avec du miel ou on l’associait à des plantes plus agréables, comme le tilleul ou la mélisse.

L’oreiller de houblon, mode d’emploi

Pour l’oreiller, on remplissait un sachet de tissu léger (lin ou coton) d’une ou deux poignées de cônes bien secs, qu’on plaçait sous la taie ou près du visage. Les cônes perdent leur parfum en quelques mois : on les renouvelait régulièrement. Certains les humectaient légèrement d’alcool pour raviver leur odeur.

Ce qu’en disent les références actuelles

Les cônes de houblon font l’objet d’une monographie européenne du Comité des médicaments à base de plantes de l’EMA. Sur la base de leur usage de longue date, les préparations de cônes de houblon peuvent être utilisées :

  • pour soulager les symptômes légers de stress ;
  • pour favoriser le sommeil.

L’EMA réserve ces usages aux adultes et adolescents de plus de 12 ans, et recommande de consulter si les troubles durent plus de deux semaines ou s’aggravent. Ces conclusions reposent sur l’usage traditionnel et non sur des essais cliniques suffisants.

Les deux grands usages populaires du houblon, la nervosité et le sommeil, correspondent donc à ce que retient l’autorité européenne. C’est ce qui vaut à la plante la mention « usage établi » sur sa fiche. En pratique, le houblon est souvent associé à la valériane dans les produits vendus pour le sommeil.

Précautions

  • Somnolence : le houblon peut renforcer l’effet de l’alcool et des médicaments sédatifs. Éviter de conduire juste après en avoir pris.
  • Hormones : en raison de son action estrogénique légère, prudence en cas d’antécédents de maladies hormono-dépendantes (certains cancers du sein, par exemple).
  • Dépression : déconseillé en cas de dépression, selon les auteurs de phytothérapie.
  • Grossesse, allaitement et enfants de moins de 12 ans : à éviter.

Le houblon et les autres plantes du sommeil

Le livre propose d’autres plantes pour les nuits difficiles :

  • la valériane, la plus réputée, souvent associée au houblon ;
  • la lavande, dont le parfum passait pour apaisant ;
  • le tilleul, la tisane du soir par excellence.

Le dossier sommeil et système nerveux rassemble les remèdes du livre consacrés à la nervosité et au sommeil, et notre article sur les plantes pour mieux dormir les compare. La page phytothérapie traditionnelle classe toutes les plantes par besoin.

Questions fréquentes

La tisane de houblon aide-t-elle à dormir ?

C’était son usage populaire. L’Agence européenne des médicaments reconnaît, sur la base de l’usage traditionnel, son emploi pour favoriser le sommeil chez l’adulte.

L’oreiller de houblon fonctionne-t-il ?

Il n’a pas fait l’objet d’études sérieuses. C’est un usage traditionnel, fondé sur l’observation des cueilleurs, qui relève surtout du rituel du coucher.

La bière fait-elle dormir à cause du houblon ?

Non : la quantité de houblon dans une bière est faible, et c’est surtout l’alcool qui provoque la somnolence. L’alcool perturbe d’ailleurs la qualité du sommeil.

Ce qu’il faut retenir

Le houblon est passé des houblonnières aux tables de nuit grâce à l’observation des cueilleurs. Son usage pour favoriser le sommeil et calmer la nervosité légère est aujourd’hui reconnu au niveau européen sur la base de la tradition. Il reste une plante active, à utiliser en cure courte et à éviter avec l’alcool ou les somnifères.

Sources

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⚠ Contenu documentaire et historique. Les pratiques d’autrefois n’ont pas de valeur médicale moderne. Ne jamais s’auto-médiquer ; consultez un médecin ou un pharmacien.

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⚠ Avertissement. Site purement documentaire et historique qui ne donne aucun conseil médical. Plusieurs plantes mentionnées (aconit, belladone, digitale, pavot, jusquiame, bryone…) sont des poisons violents. Toujours faire ses propres recherches et ne jamais s’auto-médiquer : consultez un médecin ou un pharmacien.